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    Un nouvel indice de réparabilité américain éreinte les smartphones et PC d’Apple, Google et Microsoft

    A cause de leur conception, qui ne facilite pas leur démontage, mais aussi des tentatives de lobbying pour empêcher des lois favorables au droit à la réparation, les géants de la tech comme Apple et Google se voient très mal notés par le premier indice de réparabilité américain.

    Depuis un peu plus d’un an maintenant, la France impose un indice de réparabilité pour certaines catégories de produits high tech, smartphones, PC portables, téléviseurs, ou moins tech, tondeuse électrique, notamment. L’indice n’est pas parfait, et est jugé trop favorable par certains acteurs du secteur, comme l’association HOP.

    Jusque-là, outre-Atlantique, malgré la création de projets de loi pour un droit à la réparation, aucun élément équivalent n’existait. C’était sans compter sur l’U.S. PIRG Education Fund, un regroupement indépendant d’associations qui oeuvrent à la protection des consommateurs et de l’intérêt public.

    Une déculottée pour les Big Tech

    Le PIRG vient de publier pour la première fois ses indices, attribués aux fabricants de PC et smartphones. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Apple, Google et Microsoft se font méchamment épingler, et se classent systématiquement parmi les derniers des concepteurs d’appareils électroniques. C’est d’ailleurs Apple qui truste systématiquement la plus mauvaise place, que ce soit pour les téléphones ou les ordinateurs portables.
    Ainsi, pour les PC, il obtient un D-, pour un indice de réparabilité de 3,16/10, le pire, loin derrière Microsoft et son 4,6.

    Dans cette catégorie, de grands noms comme Dell, Asus, Lenovo, Acer ou encore HP s’en tirent bien mieux, avec des notes s’étalant entre B+ et C+. Ils décrochent respectivement un 7,81 pour Dell, un 7,61, un 6,99, un 6,87, et enfin un 6,39 pour HP.

    On pourrait penser qu’on touche le fond… Ce serait se tromper : les notes tombent encore plus bas quand on s’intéresse aux smartphones.

    Ici encore, Apple conserve la plus mauvaise position avec un F, et un indice de 2,75. Google, qui le précède, obtient un D+ et un indice de 4,64, tandis que Samsung, lui, arrache un C, et un 5,69. Motorola, qui demeure une marque puissance aux Etats-Unis, décroche un louable B+, et un indice de 7,77/10.

    Nathan Proctor, en charge du rapport pour l’U.S. PIRG, écrivait ainsi sur Twitter :

    « Comme vous pouvez le voir, Dell est en tête pour les PC portables, Motorola pour les téléphones mobiles… et Apple dernier pour les deux. Honnêtement, j’ai été surpris par ça. Vu à quel point l’écosystème de la réparation repose sur les réparations de produits Apple, je pensais que cela serait moins mauvais. Ressaisissez-vous, Apple ! »

    On pourrait ajouter qu’au vu des ambitions vertes d’Apple, qui vise un bilan carbone neutre pour toute son activité d’ici 2030, et du programme Self Service Repair, annoncé en fin d’année dernière, on pouvait effectivement s’attendre à mieux.

    Un indice d’inspiration française

    Le principe de la réparabilité des produits prend de plus en plus d’importance aux États-Unis, où les rebuts électroniques représentent la part à la croissance la plus rapide parmi les déchets domestiques. Selon l’U.S. PIRG, les foyers américains dépensent presque 1 500 dollars par an en nouveautés électroniques, et pourraient économiser environ 40 milliards de dollars s’il était possible de facilement réparer certains appareils, et d’étendre leur durée de vie de 50 %.

    Pour aider au choix les plus pertinents économiquement, et écologiquement, l’U.S. PIRG a décidé de s’inspirer du score de réparabilité français, qui, selon le groupe d’intérêts, offre une bonne base pour identifier les enjeux futurs dans ce domaine.

    Aussi, l’U.S. PIRG a-t-il récupéré les scores français de 187 produits vendus par dix fabricants majeurs. Il s’est ensuite associé au célèbre service de réparation iFixit. Puis, les deux partenaires ont étudié le détail des notations françaises, et y ont introduit de nouveaux critères ou des pondérations différentes.

    Ainsi, l’accès à des pièces détachées est pris en compte comme en France, mais la facilité de démontage a plus de poids, pour compenser le fait que l’accès aux pièces peut fluctuer d’un pays à un autre. Enfin, l’indice américain accorde une forte importance aux tentatives de lobbying contre le droit à la réparation, il est d’ailleurs spécifique à la notation américaine.

    Cet ajout semble avoir un très lourd impact sur la note finale et son indice. Ainsi, la note française moyenne pour les PC portables Apple est de 6,08, avec une note moyenne de démontage de 3,25. Or, puisque Apple a mené des actions de lobbying contre le droit à la réparation, il se voit retirer 1,5 point. Ce qui, couplé aux autres scores, lui attribue la note finale de D-, avec un indice à seulement 3,16/10, comme on l’a vu.

    Le poids des Etats-Unis, ajouté à celui de la France et de l’Europe

    Le rapport de l’U.S. PIRG arrive à la conclusion que « certains appareils ne sont pas faciles à réparer, et qu’il peut être difficile de savoir lesquels sont difficiles à réparer. Les consommateurs ont besoin d’être mieux informés au point de vente. »

    C’est seulement ainsi qu’un consommateur pourra faire un choix éclairé puisque la valeur sur le long terme d’un produit réside dans « sa capacité à continuer à fonctionner au fil du temps ».

    La mise en place d’un indice de réparabilité « indépendant » sur un marché aussi important que les États-Unis pourrait inciter les fabricants de produits électroniques à prêter davantage attention à certains points essentiels. La France a mis en place le sien en amont d’une directive européenne, qui facilitera ce genre d’efforts.

    S’il est essentiel de pouvoir trouver des pièces détachées pour réparer un appareil, il faudra tôt ou tard que le design et la conception interne des appareils prennent en compte un démontage facilité. Les fabricants devront donc s’améliorer dans ce domaine.

    Les géants de la tech devront également allonger le suivi logiciel de leurs appareils, et offrir des mises à jour sur une plage de temps plus longue. Les fabricants doivent dépasser le cap des quatre ans qui est bien trop commun dans le petit monde des smartphones – à l’exception notable d’Apple, dont la tâche est simplifiée par l’intégration étroite en hardware et software.

    Mais c’est aussi aux consommateurs de faire bouger les choses, de jouer le jeu des appareils pas toujours les plus fins, par exemple. Ils peuvent aussi chercher à s’informer, ou exiger de l’être, et voter avec leur portefeuille, comme le veut l’expression, pour les produits les plus durables.

    Source : U.S. PIRG

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